Saint-Jean-des-Piles
Jean-Paul Gignac

1999 - JEAN-PAUL GIGNAC

Président, directeur général
Sidbec-Dosco

« Par les qualités personnelles et professionnelles qui lui sont propres, il s’est acquis, tant au pays qu’à l’extérieur, une réputation dont l’éclat rejaillit sur ses concitoyens. »

C’est en ces mots que le conseil municipal de Shawinigan motive sa décision, le 6 octobre 1972, de le nommer Citoyen d’honneur.

Petit-fils du maire Albert Gigaire, c’est en prenant la direction de l’usine familiale, en 1951, qu’il se fait tout d’abord remarquer. Il a 31 ans, du feu dans les yeux, une ferme volonté d’innover et d’ouvrir de nouveaux marchés.

   Jean-Paul Gignac
 
En 10 ans, il va réorienter la production de cette entreprise de bois de construction. Il va en faire une exportatrice de bois de placage. Il adopte de nouveaux procédés, de nouvelles méthodes d’exploitation, de fabrication, de gestion et de financement. En dix ans, il en fait une des plus importantes compagnies du genre dans l’est du Canada. Aujourd’hui, la Albert Gigaire Limitée, devenue Multi-Grade, puis Commonwealth Plywood, oeuvre encore à Shawinigan.

Nous sommes en 1961, à l’aube de la Révolution tranquille, et le Québec se cherche des leaders économiques francophones. Il en trouvera un à Shawinigan. Dans un curieux détour de l’histoire, alors que la nationalisation de l’électricité signifie la fin d’un règne à Shawinigan, cela devient une rampe de lancement formidable pour notre Grand Shawiniganais.

Le ministre des Ressources naturelles, René Lévesque, fait appel à ses services pour siéger, en 1961, à la Commission hydroélectrique de la Province de Québec. Une de ses tâches, à titre de commissaire d’Hydro-Québec, sera de permettre à cette société d’état de devenir le plus important levier économique québécois. Jusqu’en 1969, il va s’activer à intégrer les compagnies nationalisées, à amalgamer leur personnel dont les nombreux employés de la Shawinigan Water and Power. Il faut trouver un nouveau rythme de croissance à cet ensemble et planifier les travaux à venir, dont le formidable barrage de la Manicouagan.

Cette participation va attirer l’attention du gouvernement. On va lui consacrer un nouveau défi digne de la Révolution tranquille. Fondée en 1964, Sidbec est dans une impasse. La sidérurgie québécoise connaît un démarrage difficile et, en 1966, le premier ministre du Québec lui en confie le destin. Pendant trois ans, jusqu’en 1969, il va cumuler ses fonctions de commissaire d’Hydro-Québec et de président et directeur général de Sidbec. En 1980, il devient président-directeur général de la société Iscott et assume cette responsabilité jusqu’en 1983.

En 1968, il recommande et obtient la nationalisation de la Dominion Steel and Coal, mieux connue sous le vocable de Dosco. Ainsi naît la Sidbec-Dosco dont il est le président-directeur général jusqu’en 1979.

Il fut aussi membre de plusieurs conseils d’administration dont, entre autres, ceux de l’Université de Montréal, du Conseil national de recherches du Canada, de Power Corporation, de Brinco et de Pratt et Whitney.

Les succès répétés de cet ingénieur et homme d’affaires vont amener l’Ordre des ingénieurs du Québec à lui décerner le tout premier Mérite d’ingénieur du mois de son histoire, en 1972. Jean-Paul Gignac a reçu plusieurs autres distinctions au cours de sa carrière parmi lesquelles figurent le Mérite d’or de l’Université de Montréal (1947), le titre de « Man of the year » de l’Université York (1969), la médaille Archambault pour l’avancement des sciences (1970) et l’Ordre du Canada, niveau officier en 1976. L’Université de Sherbrooke et l’Université de Montréal lui ont décerné respectivement en 1968 et 1973, des doctorats honoris causa ès sciences appliquées.