Saint-Jean-des-Piles
Jean Chrétien

2004 - TRÈS HONORABLE JEAN CHRÉTIEN

Député fédéral du comté de Saint-Maurice
Premier ministre du Canada


Pour les gens de Shawinigan, l’année 1963 marque la fin d’une époque. Avec la nationalisation de la Shawinigan Water & Power, la Ville de l’électricité ne sera jamais plus la même. Mais, pour la famille Chrétien, 1963 marque plutôt le début d’une époque. Celle du « p’tit gars de Shawinigan » qui s’en allait à Ottawa pour représenter son patelin pendant les 40 années à venir.

  Jean Chrétien

Le 8 avril 1963, Jean Chrétien fait fondre la majorité de 10 000 voix que le créditiste Gérard Lamy avait obtenu moins d’un an plus tôt pour remporter le comté par 2000 voix de majorité. Déjà, il se fait la réputation d’un batailleur politique coriace. Il va remporter ses 11 campagnes électorales dans Saint-Maurice.

Sans interruption, de 1963 à 1986, puis de nouveau de 1993 à 2003, Jean Chrétien, devenu député, secrétaire d’État, ministre et premier ministre, a toujours conservé un lien affectif, presque tribal, avec la communauté qu’il représentait, avec les gens qui lui avaient permis de faire carrière.

Il a toujours su faire, de ses origines modestes, un titre de noblesse. Plus qu’une signature ou une carte de visite, « le p’tit gars de Shawinigan » est devenu une manière d’être, une façon de demeurer en contact avec la réalité même dans les officines du pouvoir.

Pendant ses deux premières années à Ottawa, simple député, il améliore son anglais. Puis, en 1965, son enthousiasme et sa grande capacité de travail attirent l'attention du premier ministre Lester Pearson. En 1966, il est nommé secrétaire parlementaire sous la direction du ministre des Finances, Mitchell Sharp, qui deviendra son véritable mentor de la politique fédérale.

C’est en 1968 qu’il devient ministre pour la première fois. Mais après quelques mois au Revenu national, Pierre Elliott Trudeau le nomme ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien. Cette affectation lui permet de réaliser la pierre angulaire de ses réalisations dans Saint-Maurice. En 1970, après des négociations serrées avec le gouvernement provincial, le parc national de la Mauricie est créé.

Il fallait être visionnaire pour imaginer Shawinigan, l’industrieuse, devenir une destination récréo-touristique. On peut dire que Jean Chrétien aura été à l’origine du repositionnement économique de sa région. En effet, à travers les nombreuses crises sociales qu’ont entraînées les nombreuses fermetures d’usines dans les années 1970 et 1980, l’avènement du parc national, le développement des structures d’accueil en plein air, la construction de l’autoroute 55 nord auront permis à tout le comté de Saint-Maurice de se tailler une place de choix.

En 1974, il est nommé président du Conseil du Trésor. Il passe à l'Industrie et au Commerce en 1976. En 1977, il devient ministre des Finances et en 1980, il est nommé à la Justice. Pendant tout ce temps, il s’occupe de son comté. Il donne son appui à plusieurs organismes sociaux tout en s’intéressant au développement économique. Il permet l’implantation du centre fiscal de Shawinigan-Sud.

En 1993, quand il devient premier ministre du Canada, le député de Saint-Maurice s’active pour que la Cité de l’énergie devienne une réalité. C’était une occasion de boucler la boucle. 23 ans après la création du parc national de la Mauricie, Shawinigan se dotait d’une infrastructure touristique complémentaire. Aujourd’hui, avec Espace Shawinigan, le centre d’exposition de la Cité de l’énergie, la vocation récréo-touristique de Shawinigan se consolide. En y invitant, au cours de l’été 2002, des chefs d’état tels que le président de la France, Jacques Chirac, le « p’tit gars de Shawinigan » donne au musée naissant, en quelques mois seulement, les lettres de noblesse que les autres musées acquièrent après de longues années d’efforts.

Avec ses quarante années de vie parlementaire, ses 12 élections gagnantes, ses 10 années à titre de premier ministre incluant ses trois victoires majoritaires, le très honorable Jean Chrétien est devenu un des plus illustres parlementaires canadiens. Tout en demeurant « le p’tit gars de Shawinigan ». Tout au long de ses 10 années à titre de premier ministre, il aura visité plus 70 pays. Et à chaque fois, Shawinigan et le comté de Saint-Maurice se retrouvaient à l’honneur.

Toujours très actif depuis son retrait de la vie politique, il se joint, en 2004, au cabinet Heenan Blaikie à titre d’avocat-conseil, il publie en 2007, ses mémoires « Passion politique » en plus de faire de nombreux voyages à travers le monde.

Par François St-Onge