Saint-Jean-des-Piles
Jacques Lacoursière

1997 - JACQUES LACOURSIÈRE

Historien

Il s’agit bien d’un fils de Shawinigan. Un fils qui a la mémoire longue, en plus.

Un fils qui nous fait connaître nos pères. Pas seulement ceux qui se sont illustrés, mais ceux du quotidien, nos pères laboureurs et ouvriers. Et nos mères, aussi, de la mère patrie à la patrie de nos mères. Celles qui tenaient le fort, celles qui assuraient notre survie.

  Jacques Lacoursière

Fils d’imprimeur, son père Ovila possédait l’imprimerie Lacoursière sur ce bout de la rue Mercier aujourd’hui disparu pour faire place au début des années 1960 à l’édifice Woolworth. Mais c’est plutôt en noircissant les pages des fruits de sa passion pour l’histoire qu’il se démarque. Sa spécialité: la grande petite histoire.

Cette passion pour la vulgarisation trouve ses souches dans ses toutes premières collaborations au célèbre journal historique, Boréal Express publié de 1962 à 1973. En 1968, Jacques Lacoursière, qui a été professeur d’histoire et archiviste au Séminaire de Trois-Rivières, entre au Service général des moyens d’enseignement au ministère de l’Éducation et devient l’artisan d’une importante série radiophonique J’ai souvenir encore. En 1979, il entreprend, en collaboration avec Hélène-Andrée Bizier, la rédaction d’une série de fascicules nos Racines dont la publication s’étendra jusqu’en 1982.

Avec la télésérie Épopée en Amérique : une histoire populaire du Québec, il se démarque par son souci de rapprocher les gens de l’histoire. Nous étions des milliers de téléspectateurs à suivre avec intérêt cette histoire du Québec qui allait bien au-delà du portrait des gens célèbres.

Puis à partir de la matière amassée pour Nos Racines, il élabore son grand œuvre Histoire populaire du Québec qui a été publié en 4 tomes entre 1995 et 1997 et un cinquième tome devrait paraître en 2008. Parmi ses nombreuses publications, on retrouve le livre rédigé pour le centenaire de la ville de Shawinigan en 2001, Shawinigan 100 ans d’histoire.

Ses talents remarquables ont valu à Jacques Lacoursière de nombreux témoignages de reconnaissance, des prix prestigieux et de hautes distinctions honorifiques nationales et internationales, parmi lesquels, le Prix Pierre-Berton de la Société d’histoire nationale du Canada en 1996 et récipiendaire d’un Gémeau en 1997. 2002 le verra médaillé de l’Académie des Lettres du Québec et Chevalier de l’Ordre national du Québec et il devient membre de l’ordre national du Mérite de la République française en 2003. Il devient membre de l’Ordre du Canada et membre de l’Académie des Grands Québécois en 2006. Et l’année 2007 aura été pour lui une année fertile en marques de reconnaissance : Lauréat du Prix Adagio du Salon du livre de Trois-Rivières; le Prix des Bouquinistes du Saint-Laurent; le Prix Gérard-Morisset la plus haute reconnaissance accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine du patrimoine; le Prix Samuel de Champlain qu’il a reçu à Paris et qui est décerné à un Québécois et à un Français ayant œuvré à la diffusion de leurs cultures respectives auprès des publics des deux pays et enfin le Prix Rayonnement dans le cadre du Gala Distinction 2007 de la Chambre de commerce du Centre-de-la-Mauricie.

Pour lui, cette histoire du Québec n’est pas seulement une cascade de dates, de chiffres et d’événements. Pour lui, l’histoire a une âme. Il est un romancier de l’histoire, le journaliste de nos mémoires. Il ne s’est jamais contenté de l’histoire des grands de ce monde, il n’est donc pas surprenant que son histoire s’attarde aussi bien à la vie des peuples et des gens ordinaires qu’à celle des « officiels ». Il a prononcé un nombre impressionnant de conférences au Québec et au Canada mais aussi un peu partout dans le monde et à plusieurs reprises, il s’est prêté volontiers à des conférences de vulgarisation historique ayant pour thème sa ville, Shawinigan. À chaque fois, il nous a fait aimer notre région, nous l’a fait redécouvrir avec les yeux du coeur. Et comme il est un conteur passionné, on l’écoute…

Par François St-Onge