Saint-Jean-des-Piles
Jacques B. Gélinas

2002 - JACQUES B. GÉLINAS

Délégué général du Québec au Venezuela

Quand, en 1984, le premier ministre René Lévesque lui confie la délégation générale du Québec au Venezuela, notre Grand Shawiniganais a déjà beaucoup de chemin parcouru. Et, pour la plupart du temps, il s’agit de chemin de terre non battue, de sentiers à défricher.

En fait, il ne pourra jamais trahir ses origines campagnardes, sur la terre paternelle de Saint-Boniface-de-Shawinigan. On le comprendra facilement, quand on se retrouve 7e d’une famille de 14 enfants.

  Jacques Gélinas

Avec un diplôme de philosophie de l’Université d’Ottawa en poche et une formation à l’Institut de radio-télévision donnée conjointement par l’Université de Montréal et Radio-Canada, il prend le chemin de l’aventure en Amérique du Sud.

De 1959 à 1964, pendant que l’Amérique de Kennedy est en guerre froide avec les Soviétiques de Khrouchtchev, et qu’à Cuba, Castro fait la révolution, il s’embarque pour la Bolivie.

Il devient le directeur de la programmation d’une radio communautaire, la Radioemisoras Pio XII et met sur pied un programme d’alphabétisation pour adultes dans deux zones minières du pays.

Après un bref séjour au pays, il retourne en Bolivie en 1966 pour fonder et diriger une station radiophonique consacrée à l’éducation populaire à Oruro. Il va aussi fonder l’Institut de recherche pour l’éducation populaire à Oruro afin de mettre en valeur les cultures des peuples locaux. En poursuivant son objectif d’alphabétisation, il dirige une imprimerie, devient conseiller pédagogique et devient le secrétaire général du centre de communications sociales.

De 1971 à 1974, il se déplace vers le Chili alors que le pays va vivre ses heures les plus sombres avec le putsch militaire sanglant du général Pinochet en 1973. Il va quand même avoir le temps de s’impliquer à titre de professeur à la Faculté latino-américaine de sciences sociales à Santiago ainsi qu’à l’Université catholique du Chili.

Pendant quatre ans, de 1974 à 1978, il rentre au pays où il s’associe, notamment, à l’Institut de développement international et de coopération de l’Université d’Ottawa. Et c’est en 1979 qu’il entre au service de l’État au ministère des Affaires internationales du Québec en devenant le directeur pour l’Amérique latine. Il doit élaborer la politique latino-américaine du Québec et ouvrir les délégations générales du Venezuela, du Mexique ainsi que le bureau d’Haïti. Ce travail l’amènera naturellement à retourner sur le terrain avec sa nomination au Venezuela en 1984.

La même année, le Pérou se souviendra du travail accompli pendant les premières années en lui remettant la médaille de l’Ordre du mérite pour services distingués.

Prêté pendant deux ans au Centre international de recherches, d’échanges et de coopération Caraïbe-Amérique latine en Martinique, il revient à Québec à titre de cadre-conseil pour la direction de la francophonie, un travail qui l’amènera à élaborer un projet sur la mobilisation de l’épargne en Afrique. Il connaît ce continent, puisqu’il a participé à l’implantation du Centre d’études et de formation en administration publique au Bénin.

Et c’est en 1992, que le docteur en sociologie qu’il est devenu se lance dans l’édition avec la traduction d’un livre sur les réserves indiennes. La même année, il participe à la fondation de l’Institut pour une écosociété et publie en 1994 son essai Et si le Tiers Monde s’autofinançait. Un livre qui l’amènera à participer à des forums de discussion en Afrique. Ce qui va aussi l’amener à présider le conseil d’administration de SUCO.

Il est aujourd’hui essayiste et conférencier. Il a d’ailleurs publié deux essais : Le virage à droite des élites politiques québécoises et La globalisation du monde, faire ou laisser faire, duquel le critique Gil Courtemanche écrit :

« La globalisation du monde de Jacques B. Gélinas est un ouvrage remarquable que devraient se procurer syndicalistes, enseignants, responsables d'ONG et tout citoyen préoccupé par l'avenir de la démocratie. Comment mieux décrire la qualité de ce livre sinon de dire qu'il se lit comme un roman et qu'en même temps il n'hésite pas à aborder les aspects les plus théoriques du sujet? [...] Et c'est probablement sa plus grande qualité, celle d'être un manuel, un outil pédagogique passionnant. »

Par François St-Onge