Saint-Jean-des-Piles
Fabien LaRochelle

2002 - FABIEN LAROCHELLE

Directeur
Bibliothèque municipale de Shawinigan


Pour de nombreux Shawiniganais, il est l’historien officiel de la ville, celui qui leur a fait connaître les débuts difficiles mais combien exaltants de cette formidable aventure du XXsiècle.

  Fabien Larochelle
Pourtant, notre homme se défend bien de s’affubler d’un tel titre. Quand il publie, en 1976, son Shawinigan depuis 75 ans à la demande du comité organisateur des fêtes, il s’excuse presque. Comble d’humilité, il écrit son avant-propos à la première personne du pluriel. Et il prend soin de souligner que « N’étant pas historien ni écrivain, nous n’avons pas plus la prétention d’avoir écrit l’histoire de Shawinigan que celle d’avoir produit une oeuvre littéraire. »

Il s'ensuit une oeuvre de 747 pages bien tassées qui retrace dans ses moindres méandres tous les détours de la petite et de la grande histoire de Shawinigan. Une oeuvre qui, un quart de siècle plus tard, demeure une référence incontournable.

Et il ne s’arrêtera pas là. Est-ce son goût pour l’écriture ou celui pour l’histoire qui l’emporte? Ou bien, cette précieuse exactitude des faits qui le pousse à chercher encore et toujours plus loin? Toujours est-il qu’il publiera trois autres livres à titre d’auteur. Coup sur coup, en 1982, il lance deux albums de photos d’archives: Shawinigan d’autrefois au mois de mars et Ici et là dans le passé de Shawinigan en décembre. Enfin, il va publier en 1988 son dernier livre, l’intéressant Histoires de Shawinigan.

Pas mal pour un homme qui, dit-il, n’est ni historien ni écrivain. Rien ne laissait présager que notre Grand Shawiniganais nous léguerait un tel héritage. Lui qui a passé la moitié de sa vie professionnelle dans le commerce. Il débute en 1937 comme commis-comptable chez l’entrepreneur-plombier J.A. Richard. Devenu officiellement comptable l’année suivante, il devient naturellement le secrétaire de comté de son patron quand celui-ci devient député. Puis, il sera, en 1943, le gérant de l’entrepreneur Robert Hébert. Pure coïncidence, Hébert avait acheté l’entreprise de son père, Ludovic LaRochelle.

En 1955, il achète et opère pendant 10 ans un restaurant-dépanneur à Shawinigan-Sud. En 1957, il est représentant en Mauricie pour Fred Poliquin Ltée et il devient, en 1959, le premier gérant de la quincaillerie Andy Handy de Shawinigan.

Vous comprendrez que c’est ailleurs que dans sa vie professionnelle qu’il faut chercher la passion qui brûle notre homme pendant 24 ans. Une passion qui se manifeste la première fois par un 5 piastres en or gagné lors d’un concours scolaire pour la promotion du journal L’Action catholique. « Cinq dollars, en 1936, pour un jeune étudiant cassé comme un clou, c’était toute une somme qui brûlait les doigts. J’en ai profité pour acheter mes premiers livres. », raconte-t-il.

Pendant la première moitié de ses 50 ans de vie professionnelle, il s’impliquera à sa manière dans le monde de la culture. Il a continué à se constituer une importante bibliothèque personnelle. Mais il s’implique aussi dans la diffusion, tout d’abord avec la Société de conférences Reflets, puis, pendant cinq ans, avec l’équipe de l’émission radiophonique Eurêka à l’antenne de CKSM. Il animera ensuite, pendant deux ans, son émission Ombre et lumière consacrée à la littérature. Cette implication va l’amener à siéger au Comité diocésain de la radio et télévision à Trois-Rivières en compagnie du futur président du CRTC, Me André Bureau.

Et c’est en 1961 que sa vie professionnelle prend son plus important virage. « Finalement, s’offrait à moi l’occasion de réaliser le rêve de ma vie en devenant le directeur de la Bibliothèque municipale de Shawinigan. », écrit-il. « J’ai occupé cette fonction durant 26 années et je n’ai jamais cessé un instant de m’y trouver heureux. »

En plus d’animer la bibliothèque, il a eu l’occasion de siéger au comité consultatif pour l’implantation du Centre culturel de Shawinigan, qui est maintenant devenu le Centre des arts. Secrétaire pendant 22 ans du club Richelieu de Shawinigan, il quitte sa fonction en 1976 pour devenir président du club.

Notre Grand Shawiniganais s’est marié en juin 1940 avec Jeanne Clément. Ils ont eu six magnifiques enfants. Il nous a quittés le 13 juillet 1995 à l’âge de 77 ans.

En 1976, il concluait ainsi son avant-propos dans l’incontournable Shawinigan depuis 75 ans. « Ce livre se veut un hommage à tous les citoyens et citoyennes qui, depuis 1900 jusqu’à maintenant, par leur labeur quotidien en quelque lieu que ce soit, aussi bien qu’à l’intérieur de leur foyer, ont participé ou participent présentement à l’édification et à la prospérité de Shawinigan. Cet hommage s’adresse également à tous les fils et filles de Shawinigan que les circonstances de la vie ont obligé à quitter leur ville natale pour d’autres horizons. » 

 

Par François St-Onge