Saint-Jean-des-Piles
Andréanne Bournival

1999 - ANDRÉANNE BOURNIVAL

Directrice générale du programme de français
à l’Office national du film

Les soirs de gala, notre nouvelle Grande Shawiniganaise connaît ça. Lorsqu’elle s’est retrouvée sur une grande scène, à l’automne 1999, elle a été vue par plus d’un million de téléspectateurs. Et elle mettait en pratique la maxime qui veut que ce soit beaucoup plus agréable de donner que de recevoir. À titre de présidente de la section québécoise de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, elle était la grande responsable de la soirée des Prix Gémeaux.

Pour cette fille de Shawinigan, le prénom de sa mère, Rachelle, est connu de tous. Pendant de nombreuses années, elle fut l’incomparable et incontournable secrétaire de comté de Jean Chrétien.

  Andréanne Bournival

Quant à notre Grande Shawiniganaise, sa vie semblait la destiner à se retrouver, jour après jour, face à un groupe d’élèves, devant un tableau noir. Elle a, en effet, enseigné le français à Kirkland Lake (Ontario) et à Drummundville en tout début de carrière.

Cela aura duré quatre ans. Mais, rapidement, elle a élargi son auditoire pour apprivoiser la naissance d’un nouveau média: la télévision. Pendant quatre ans, de 1964 à 1968, elle sera l’animatrice vedette de Télé-Capitale à Québec. Elle touchera à tout, des nouvelles aux variétés, du magazine aux affaires publiques.

Après un séjour de deux ans au Saguenay/Lac-Saint-Jean où elle travaille à implanter la télévision éducative pour adultes, elle se retrouve tout naturellement à Radio-Québec où elle anime une série pour le ministère de l’Éducation.

Après avoir passé l’été 1972 à tenir la barre de l’émission « Studio 10 » à Télé-Métropole, elle retourne à Radio-Québec. C’est à ce moment-là que sa trajectoire va se définir. C’est alors qu’elle quitte l’avant-scène pour se retrouver dans les coulisses de la télévision.

De 1972 à 1981, elle sera responsable du service à la clientèle pour la production de commandites des différents ministères pour devenir, finalement, chef du service des acquisitions et des coproductions. En ce début des années 1980, elle est donc celle qui décide de ce qu’on peut voir à l’antenne de Radio-Québec et qui n’est pas produit dans ses studios.

C’est à ce moment qu’elle fait le grand saut à la télévision de Radio-Canada. Elle y entre en 1981 comme chef adjointe pour le cinéma et les téléfilms. Elle gravit les échelons un à un pour devenir, en 1988, la directrice générale des programmes. Tout ce qu’on peut voir à l’antenne de Radio-Canada passe par son bureau.

Mais cette femme de défis ne s’arrête pas là. Quand, en 1992, il faut implanter TV5, la première télévision internationale en français, c’est elle qui en devient la directrice générale des programmes pour le Québec.

Deux ans plus tard, elle participera à une autre belle aventure. En 1994, elle coordonne les activités de l’incroyable Canal D en y devenant la vice-présidente à la programmation. C’est aussi en 1994 qu’elle reçoit le grade de commandeur de l’Ordre de la Pléiade.

De 1999 à 2001, elle travaille dans une des plus prestigieuses maisons de production au pays en devenant la directrice générale du programme de français à l’Office national du film. Cinéphile insatiable, elle agit depuis 2002 à titre de conseillère en télévision, cinéma et communication. En 2005, elle reçoit le Prix Communications et société dans le cadre du Festival cinéma international en Abitibi-Témiscamingue et il est bon de souligner qu’en 2006, elle est la seule femme à faire partie du jury œcuménique au Festival des films du monde de Montréal. Cette magnifique histoire d’une femme qui se retrouve au carrefour de la diffusion culturelle se poursuit donc encore aujourd’hui.

 Par François St-Onge